Médecin spécialiste (...)
 
 
 
 


 

Médecin spécialiste : la consultation à 40 euros provisoirement hors-jeu

 
 

La consultation du médecin spécialiste pour avis ponctuel, rémunérée 40 euros, vient d’être retardée par le Conseil d’Etat. Cette disposition, instaurée par la convention médicale, est en vigueur depuis le 1er juillet dernier. Pour combler ce vide réglementaire, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) doit inscrire cet acte dans la nomenclature. « La procédure est lancée », nous indique la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

 
 


Les consultations de spécialistes pour un avis ponctuel, cotées C2, c’est-àdire 40 euros, sont remboursées sans base légale depuis le 1er juillet. Dans un arrêt en date du 30 novembre, le Conseil d’Etat a globalement validé la convention médicale du 12 janvier dernier, approuvée par le gouvernement par un arrêté du 3 février 2005. Le Conseil d'Etat a cependant annulé l'arrêté du 3 février 2005 en tant qu'il approuvait les stipulations de certaines dispositions de la Convention, notamment celle permettant aux spécialistes de pratiquer un tarif C2 lorsqu'ils sont consultés en tant que médecin traitant hors suivi régulier (lire Afim n°2685 du 2 décembre 2005) et celle portant sur la consultation cotée C2,5 des psychiatres, neuropsychiatres, et neurologues. Désormais, ces consultations, qui peuvent être pratiquées à ce tarif depuis juillet dernier, n'ont plus de base réglementaire. Toutefois, relativise la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), la cotation C2 « n’est pas un acte fréquent» .

INTÉGRER CES ACTES DANS LA NOMENCLATURE
Pour le Conseil d’Etat, saisi par des opposantsà la convention médicale, les parties signataires ont « excédé leur compétence» en définissant de «nouvelles catégories d’actes médicaux » et en leur attribuant «des cotations ». En effet ces décisions sont du ressort de l'Union Nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) et auraient dû être prises préalablement et en dehors de la Convention. Saisie sur les cotations spécifiques de consultation faisant intervenir deux médecins, notamment C2, l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) a rendu un avis négatif le 14 novembre dernier. Elle considère qu’elle« n’a pas obtenu les informations suffisantes pour rendre un avis motivé ». Pour l’Unocam, ces actes ne disposent pas de «la base légale que constitue la publication préalable de la décision de l’Uncam sur la liste des actes remboursables» . Néanmoins, ce vide réglementaire devrait pouvoir être rapidement corrigé : l’Uncam doit «tout simplemeninscrire cette disposition dans la nomenclature », nous précise le service de presse de la Cnam. Si aucun délai n’est avancé pour l’heure, «la procédure est lancée ». D’une manière générale, l’assurance maladie «se félicite de la décision du Conseil d’Etat qui confirme la validité de cette convention» , prévoyant «la mise en place du médecin traitant et du parcours de soins coordonné », indique un communiqué.

NOUVELLES NÉGOCIATIONS CONVENTIONNELLES LE 7 DÉCEMBRE
La régularisation de la situation devrait intervenir en dehors de nouvelles négociations conventionnelles qui doivent débuter le 7 décembre. Ces discussions sont prévues par la convention médicale, puisque de nouvelles revalorisations doivent intervenir en principe au 1er janvier 2006. Au vu «des résultats des engagements de maîtrise médicalisée», il est notamment prévu une augmentation de la majoration de coordination des médecins correspondants: généralistes et spécialistes, y compris psychiatres, neuropsychiatres et neurologues. Lors de la première réunion des partenaires conventionnels, un calendrier de travail sera élaboré et des commissions seront créées. Il est vraisemblable que les négociations ne seront pas finalisées fin décembre, ce qui devrait entraîner un report d’application des hausses d’honoraires. A un mois de la mise en place du parcours de soins, comprenant une modulation des remboursements des régimes obligatoires, force est de constater que des incertitudes demeurent pour les assurés : ils ne savent pas toujours exactement combien ils paieront leur consultation et, du coup, combien ils seront remboursés. Une autre augmentation, prévue au 1er janvier prochain, a fait l’objet d’une annulation par le Conseil d’Etat. Il s’agit de la majoration de 3 euros pour les consultations réalisées par les médecins généralistes auprès d’enfants âgées de 2 à 6 ans. Là encore, le Conseil d’Etat a considéré que cette disposition relève directement des compétences de l’Uncam. Enfin, une troisième disposition recalée par le Conseil d’Etat permettait de supprimer au 1er janvier 2005 la rémunération associée au protocole interrégime d’examen spécial (Pires), soit 40 euros pour les patients en affection de longue durée (ALD). Etant donné que la convention n’est entrée en vigueur qu’à la parution du décret de février, le Conseil d’Etat a jugé cette rétroactivité« illégale ».
l Paula Ferreira - AFIM N° 2686 - Lundi 5 décembre 2005

 
 
Accueil Actualité Contact FAQ Liens Mentions légales Lexique